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Meurtre de Jean-Ronald : «Nous restons incrédules»

Publié le 25/11/2014 à 11:11 CENTRE PRESSE


Assises. Le procès des 18 accusés dans l’affaire de la tuerie de Millau est entré dans sa dernière semaine. Hier soir, les avocats des victimes ont plaidé.

La grève des avocats est terminée; la cour d’assises rejette la demande d’enquête formulée par la défense suite à l’affaire «Blablacar», qui a vu un magistrat assesseur suppléant covoiturer avec deux accusés de Montpellier à Millau; et les conseils de ceux qui encourent une peine de réclusion criminelle à perpétuité ne quittent pas le tribunal de Rodez, comme les bruits de couloir le laissaient entendre si l’audience n’était pas suspendue. Bref, depuis lundi, en fin d’après-midi, le procès des 18 accusés de l’assassinat de Jean-Ronald, tué d’un coup de couteau à Millau, le 8 mai 2010, vit sa dernière semaine de débats. Rapidement, la parole est donnée aux conseils des parties civiles, Mes Lucie Creyssels, Henri Aimonetti et Bernard Rainero, qui se répartissent le jour du drame "en trois tomes": le "guet-apens" tendu à G. (qui, un mois plus tôt, avait fracturé la mâchoire de M.), le crime dont a été victime Scra, et les violences perpétrées contre R..

"Nous restons incrédules face à l’absurdité de ce samedi soir", déclare la première. Une journée qui, fruit d’un "malheureux regard" lancé quelques semaines plus tôt, "a été le paroxysme d’une série de violences". Me Creyssels, qui ne manque pas de pointer du doigt M. et T., n’en oublie pas pour autant les autres accusés: "Les frères sont certes à l’origine de tous ces faits, mais ils ne sont pas les seuls à y avoir participé. (...) Ils sont tous coupables. Comment peut-on imaginer que ces deux personnes peuvent en influencer seize autres pour participer à une telle expédition, avec armes et camouflages ?"

Dans son sillage, Me Aimonetti "affirme qu’il y a préméditation" : "Les frères ont voulu créer une cohorte pour aller "niquer les Antillais". "L’expédition a été planifiée", poursuit-il, en estimant, de plus, que "la troupe était mue par une intention homicide". Bien entendu, une question majeure subsiste, rappelle l’avocat millavois: "Qui a fait quoi ?" Une question à laquelle huit semaines de procès n’ont pas apporté de réponse. Ceci dit, il juge les aveux d’A. (qui avait mentionné le nom de onze accusés devant le magistrat instructeur avant de se rétracter quelques mois plus tard) "spontanés et véridiques". Mais, souligne-t-il, "l’aveu n’est pas la reine des preuves, il est un élément". À l’image de la téléphonie et de l’ADN qui "viennent composer un puzzle dont il manquera toujours la pièce centrale: qui a fait quoi ?" Les débats ont repris ce matin. Les deux avocats généraux, Bernard Salvador et Jérôme Laurent, vont requérir des peines, ou peut-être des acquittements, avant de laisser la parole aux avocats des accusés.

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